Le projet C@RUN en bref

Une des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) est de favoriser le stockage de carbone dans les sols. Ce mécanisme est largement dépendant des facteurs environnementaux et des pratiques culturales. En outre la connaissance précise des bilans GES des systèmes agricoles est un élément clé de la décision sur les pratiques à mettre en œuvre dans les politiques environnementales relatives au climat. Or les données nécessaires au calcul de ces bilans dans les régions ultra-marines françaises et tropicales en général restent rares.

 

   Ce projet propose de combler cette lacune en développant des connaissances nouvelles à différentes échelles spatiales et temporelles, afin d’évaluer les fonctions de stockage de carbone des cultures annuelles dans les sols agricoles de La Réunion (canne à sucre et prairies fourragères qui occupent près de 90% de la SAU, et maraîchage). Il s’appuie sur une base d’analyses chimiques de plus de 42000 échantillons de sols de la Réunion dont ≈22000 sous culture de canne et 1500 sous prairie, couvrant la période de 1983 à nos jours. Cette base sera analysée, complétée par des données environnementales et de pratiques culturales, pour décrire et cartographier l’évolution des teneurs en carbone des sols à différentes échelles spatio-temporelles de l’île de la Réunion, et identifier et quantifier par des méthodes de fouille de données l’influence des facteurs environnementaux et /ou des pratiques culturales qui déterminent la dynamique des teneurs en carbone des sols.

Ces résultats seront traduits en stocks de carbone du sol (Csol) via des mesures complémentaires de densité apparente des sols. Ces jeux de données seront également utilisés pour mettre au point une méthodologie originale et innovante d’évaluation des teneurs et stocks de Csol par l’utilisation de la spectroscopie infrarouge (proche et moyen) afin d’en diminuer les coûts d’analyse.

Des références sur les flux de carbone à l’interface sol-plante-atmosphère et sur les bilans Carbone sur parcelles de prairies et parcelles de canne à sucre seront en outre acquises par mesures d’émission sur des sites expérimentaux où seront appliquées différentes pratiques de fertilisation croisées avec différentes pratiques culturales.

Le projet développera alors un modèle de calcul du Csol et des émissions de GES (adaptation modèle existant ou nouveau modèle) connecté à un système d’information spatialisé déjà développé par

le CIRAD, caractérisant l’environnement biophysique de chaque parcelle agricole de La Réunion et les pratiques culturales. L’ensemble constituera ainsi un simulateur cartographique de l’impact des pratiques agricoles à La Réunion. Il sera accessible par web.

Cet outil sera utilisé pour générer un référentiel de l’impact de pratiques agricoles selon différents scénarios climatiques sur les stocks de Csol et les émissions de GES à La Réunion.

Une démarche participative associant partenaires du monde agricole, de l’environnement et la communauté scientifique permettra d’élaborer des scénarios concertés, réalistes partagés par tous. Elle favorisera l’adhésion des partenaires institutionnels, professionnels et sociaux aux scénarios proposés, aux résultats des simulations et au transfert et l’appropriation de l’outil cartographique par les utilisateurs potentiels.

Ce projet repose sur un partenariat étroit CIRAD-IRD, et associe un des principaux partenaires économiques agricoles de La Réunion, le groupe agro-industriel Tereos Océan Indien.

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